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02 July 2016

Le plus vieux Paris

Arènes de Lutèce, Paris © Timothy Keefe (2007)


C’est par pur hasard, lors du percement de la rue Monge dans le Ve arrondissement sous le Second Empire, que l’on découvre les Arènes de Paris, construites au 1er siècle.



Travaux d’excavation de la rue Monge, gravure de Burn Smeeton d’après
Jean Louis Provost, Journal Universel, Paris (1868)



Grâce aux grands travaux de la capitale entrepris par les restructurations de la ville par le préfet Haussmann, l’archéologue Théodore Vacquer met au jour les origines gallo-romaines de Paris.



Excavation des Arènes de Lutèce (1869)


Arènes de Lutèce (1910)


Vieux Paris – Arènes de Lutèce


11 April 2015

Avant Haussmann

Rue de Venise (vers 1910), une des dernières ruelles du Moyen âge

Aux alentours de 1850 Paris est une ville médiévale, aux ruelles étroites, insalubres et sinueuses. La population grossit à vue d’œil (multipliée par 4 entre 1800 et 1870), les besoins en eau grandissent. Il faut agir vite pour faciliter la circulation, lutter contre l’insalubrité et les épidémies, étouffer dans l’oeuf les potentielles émeutes.

Haussmann, sous l'égide de Napoléon III, a pour mission de rénover Paris. Il ne s'agit pas seulement d'architecture, mais d'un plan d'urbanisme ambitieux, avec percée de boulevards, rénovation des rues, des façades, des espaces verts, des égouts et des monuments publics.

Les amples trottoirs sont plantés d'arbres. Auparavant seuls les boulevards et les quais avaient cet agrément. Il y a donc, en plus, une dimension hygiéniste, le but étant de «donner aux Parisiens de l’eau, de l’air et de l’ombre».


Percement de l'avenue de l'Opéra


Au cours des travaux 20 000 maisons sont détruites et 60% des bâtiments parisiens sont construits pendant cette période. L’immeuble haussmannien offre un bond en avant énorme vers la modernité.

La hauteur est réglementée, de 12 à 20 mètres, en fonction de la largeur de la voie. Cela permet d'avoir des immeubles parfaitement alignés et des lignes de balcon exactement à la même hauteur. La rue-mur. Les murs doivent être impérativement en pierre de taille.

Au 1er étage, que l'on appelait l'entresol, les appartements sont dédiés aux marchands, propriétaires des magasins du rez-de-chaussée. L’étage noble, aux balcons aux ferronneries ouvragées, est le 2e étage (avant la présence de l’ascenseur) et, plus on monte dans les étages, plus la valeur de l’appartement se réduit. Le toit mansardé est réservé aux domestiques.

Une grande nouveauté, le tout-à-l’égout, n’induit pas forcément la présence de salle de bain. On rappelle que la salle de bain n’existe pas en ce temps. L'automobile non plus d'ailleurs.

Gustave Caillebotte, Rue de Paris, temps de pluie (1877)

Haussmann demande aux photographes de l'époque, en particulier Charles Marville, d'immortaliser les quartiers du vieux Paris voués à la démolition lors des transformations sous le Second Empire.



Le Paris du baron Haussmann photographié par Charles Marville


Rue Chanoinesse (de la rue des Chantres)

Rue de Bièvre (du boulevard St-Germain)

Rue de Breteuil (de la rue Vaucanson)

Rue de Glatigny

Rue des Fontaines (de la rue Volta)

Rue des Lavandières (de la place Maubert)

Rue des Marmousets (de la rue St-Landry)

Rue du Gindre (de la rue Madame)

Rue du Marché aux fleurs

Rue Estienne (de la rue Boucher)

Rue St-Nicolas du Chardonnet (de la rue Traversin)

Rue Tirechape (de la rue de Rivoli)


J'ai trouvé ces incroyables photos d'archives @ la State Library of Victoria, en ayant d'abord fait cette recherche (charles+marville+paris). Il y en a des tonnes d'autres.

Documentaire de type fanfaron didactique sur l'entrée de Paris dans la modernité.


Des innovations du baron Haussmann à la construction du périphérique


À lire sur le sujet, de la plume d'un monument de la littérature, La curée d'Émile Zola.


Boulevard Haussmann (du Faubourg St-Honoré)



02 February 2015

Rêve, rêvons rose

C'est de la malchance d'être tombés dans un pays si froid… Grrr, brrr, grrr. Regarder des pastels (de l'artiste Karen Margulis) de printemps en floraison satinée nous donnera un peu de courage. C'est du moins ce dont on rêve.


 Awaiting Spring (2013)


 Dogwood and Spring Forest (2010)


 Roadside Red Bud Trees (2009)


 Spring Is on the Way Redbud Tree (2011)

 Spring Plein Air Landscape (2010)


 Tips for Painting the Spring (2012)


Welcoming Spring Dogwood Trees (2010)



29 October 2014

Les peintures de gardiennes d'oies

Jean-François Millet, Julien Dupré, Alfred Sisley, Camille Pissarro (et d'autres) en ont peint plus d'une – un thème qui a l'air récurrent chez quelques impressionnistes et chez les naturalistes. Il m'a semblé judicieux d'exclure les représentations illustrant La petite gardeuse d'oies (Die Gänsemagd), le conte couché sur papier par les frères Grimm en 1815. J'ai fait un tri parmi la soixantaine de tableaux trouvés en deux après-midis de recherche. Et voici les magnifiques peintures de gardiennes d'oies que je vous présente aujourd'hui.


Rafael Angelot

Agnes L. Atkinson

Teodor Axentowicz (1859-1938) 

Émile Barau (1851-1930) 

Nikolai Kornilievich Bodarevsky (1850-1921)

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) La gardienne d'oies (1891)

Julien Dupré (1851–1910) 
 
Thérèse Marthe Françoise Dupré (1877-1920)

David Hyde

Eugène Labitte (1858-1937) 

John Lavery (1856-1941) Goose Girls (1885)

Jan Mankes (1889-1920) Ganzenliesje (1911)

Jean-François Millet (1814-1875) La gardienne d'oies (1863)

Philip Richard Morris (1836-1902)

Camille Pissarro (1830-1903) La fille aux oies à Montfoucault, Gelée blanche (1875)

Valentine Cameron Prinsep (1838-1904)

Alfred Sisley (1839-1899) La gardeuse d'oies (vers 1885)

Johannes Strieder


Cette drôle d'introduction convie-t-elle à la lecture du conte? À vous de voir:

"Le conte de la Gardeuse d'oies invite à habiter le monde qui nous entoure de notre présence éveillée en la projetant dans les objets. Cela permet d'obtenir leur concours dans les situations critiques. Il faut pour cela apprendre à traduire ses inspirations en des formules vibrantes." Euh…


Paul Hey (1867-1952) The Goose Girl Fairytale Illustration



15 June 2014

La laitière et le pot au lait

Maurice Leloir (1853-1940)


Neuvième fable (240 en tout) de Jean de La Fontaine éditée pour la première fois en 1678, La laitière et le pot au lait est un conte réaliste qui met en scène Perrette, une jeune paysanne entreprenante, dont le portrait nous est tracé avec enjouement et naturel.



 
La laitière et le pot au lait

Perrette, ayant sur sa tête un pot au lait
Bien posé sur un coussinet,
Prétendait arriver sans encombre à la ville.
Légère et court vêtue, elle allait à grands pas,
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple et souliers plats.
Notre laitière ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son lait, en employait l'argent;
Achetait un cent d'œufs, faisait triple couvée!:
La chose allait à bien par son soin diligent.
«Il m'est, disait-elle, facile
D'élever des poulets autour de ma maison;
Le renard sera bien habile
S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s'engraisser coûtera peu de son;
Il était, quand je l'eus, de grosseur raisonnable
J'aurai, le revendant, de l'argent bel et bon.
Et qui m'empêchera de mettre en notre étable,
Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
Que je verrai sauter au milieu du troupeau?»

Perrette là-dessus saute aussi, transportée:
Le lait tombe; adieu veau, vache, cochon, couvée.
La dame de ces biens, quittant d'un œil marri
Sa fortune ainsi répandue,
Va s'excuser à son mari.
En grand danger d'être battue.
Le récit en farce en fut fait;
On l'appela le Pot au lait.

Quel esprit ne bat la campagne?
Qui ne fait châteaux en Espagne?
Picrochole, Pyrrhus, la laitière, enfin tous,
Autant les sages que les fous.
Chacun songe en veillant; il n'est rien de plus doux:
Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes;
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi;
Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi;
On m'élit roi, mon peuple m'aime;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant:
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même,
Je suis Gros-Jean comme devant.



Gustave Doré (1832-1883) gravure, 1868
 
 
 Horace Vernet (1789-1863) lithographie, début 19e
 

Auguste Delierre (1829-1891) détail, 1883
 

Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) gravure, fin 18e
 

Achille Devéria (1800-1857) gravure 
 

Chocolat Louit, chromo dorée, fin 19e
 

Frederick Colin Tilney, 1913
 

Lou Castelbon, marouflée sur bois
 

Lou Castelbon, détail
 

Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)

 
La Fontaine se sert de la littérature pour nous montrer que tous se projettent dans des rêves; l'attitude de la laitière est universelle.

Comment je suis tombée ici?



Je ne me souviens plus. À 22:18, Fabrice Luchini récite les premiers vers de la fable en question et puis voilà, ça m'a marquée et l'idée de partager ces images d'un autre temps sur mon blog est arrivée.